Edito juin 2020

Mesure inédite en temps de paix, le confinement obligatoire instauré en France le 17 mars 2020 pour contenir l'épidémie de coronavirus aura finalement duré huit semaines. Objectif : réduire le nombre de cas graves et permettre au système de soins de faire face. Depuis le 11 mai, s'est enclenchée une sortie partielle, par étapes, sur mesure selon les territoires et sous conditions.

CONFINEMENT/DECONFINEMENT, le retour à la normale ou à l’anormal !

Avec cette pandémie, un nouveau vocabulaire a surgi. Un vocabulaire sûrement inapproprié.

C’est que la notion et les mots utilisés ne sont pas les bons ! Pourquoi ne pas avoir utilisé « gestes protecteurs » au lieu de « gestes barrières » ; « distanciation physique » au lieu de « distanciation sociale » ?

Le geste barrière oblige, le geste protecteur rend responsable et acteur !

Certes lors de la reprise, les gestes barrières seront plus que jamais nécessaires. Mais apprenons à les vivre comme des gestes protecteurs. Protecteurs pour soi, protecteurs pour les autres.

Il est aussi difficile de concevoir que l’on maintienne la « distanciation sociale » alors qu’on reprendra sa vie sociale.

Les normes sont aussi bousculées, il est désormais indispensable de se tenir à distance de celles et ceux que l’on croise. Pour se saluer, plus de bises, plus de poignées de mains … Nous avons peur, aurions-nous peur de l’autre ?

 

Dans le contexte de cette reprise, est-ce que le sanitaire l'emporte toujours sur l'économie ?

En matière de déconfinement, les inconnues scientifiques sont encore extrêmement nombreuses et les scénarios multiples. Et il faut dé-confiner avec prudence et méthode, car le risque d'une sortie ratée, c'est une deuxième vague épidémique et l'obligation de revenir à une mesure extrêmement lourde économiquement et socialement.

Nous avons subi la mise en place de protocoles sanitaires drastiques, voire inapplicables, nous étions dans un état d’incertitude, de tension. Tension d'avoir à attendre des consignes annoncées médiatiquement mais qui ne viennent pas officiellement ; tension de recevoir des consignes mouvantes voire inapplicables…

Nous avons aussi subi les insatisfactions, les impatiences des parents et des élèves. Nous avions aussi les pressions de certains chefs d’établissement qui voulaient à tout prix faire reprendre les élèves au plus vite en faisant parfois fi des conditions de travail et des conditions sanitaires. (double charge de travail associant et cumulant présentiel et distanciel, télé travail, accueil des enfants, non-respect des contrats et des protocoles…)

 

Malgré toutes ces consignes, ces contraintes, nous avons su faire preuve d'initiatives et d'adaptation tout en étant attentifs au respect des consignes sanitaires dans l'intérêt de toutes et tous.

 

Mais ce n’est pas sans compter sur le double langage de notre ministre qui d’un côté rend hommage au comportement remarquable des plusieurs milliers de professeurs qui ont assuré un suivi scolaire auprès de leurs élèves, mais qui d’un autre côté pointe du doigt « les profs décrocheurs » qui n’étaient pas à la hauteur et qui seront sanctionnables !!!

C’est montrer une drôle de considération des enseignants, comme s’ils étaient des enfants.  Les enseignants n'étaient pas en récréation, ni pendant le confinement, ni depuis, mais au travail, comme le reste de la population.

 

Philippe Bongain, SG

FEP - CFDT

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